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L’HEGP :

   Depuis l’âge de vingt ans (j’allais en avoir 57 dans un peu plus de six mois), et une opération rendue nécessaire à cause d’une vilaine  hernie discale contractée pendant mon service militaire, je n’avais plus jamais remis les pieds dans un hôpital. Je savais, en franchissant pour la première fois les grilles de l’Hôpital Européen Georges Pompidou, encadré par les deux amours de ma vie, que cela allait très vite devenir une habitude et que ce lieu allait vite me paraître familier… .

 

   La construction de l’HEGP avait été décidée et voulu par le gouvernement de l’époque, lorsque  Mr Edouard. Balladur, était premier Ministre.  La France devait se doter d’un grand hôpital à vocation européenne et internationale, ce serait l’Hôpital Européen Georges Pompidou.

L’HEGP est un grand bâtiment blanc, ultra moderne et accueillant, et qui fait face au Parc André Citroën dans le XVème arrondissement de Paris.

   Une immense verrière laisse entrer la lumière et le soleil à flots dans le vaste hall d’entrée du rez-de-chaussée. Face à l’entrée principale se trouve une grande pelouse parsemée de plusieurs massifs comme autant de tâches de couleurs.

   Le comptoir des hôtesses d’accueil est situé dans l’axe des sas de l’entrée principale et  de grands bacs dans lesquels ont été plantés de magnifiques plantes vertes d’intérieur sont disposés de part et d’autre. Des petits bancs en bois permettent aux attendant, malades et visiteurs, de s’asseoir confortablement dans une ambiance qui peut faire penser à beaucoup d’endroits mais pas à un hôpital.

   Une petite boutique de presse & librairie, une crèche et une cafétéria sont disposées le long d’une sorte de « rue », qui courre sur toute la longueur du bâtiment, et dessert les quatre escaliers « A », « B », « C », et « D ». Derrière l’accueil, un peu protégée des regards se trouve une très grande médiathèque réservée au personnel de l’hôpital ainsi qu’aux malades hospitalisés.

    Le bureau du Professeur Delcaurre avec lequel nous avions rendez-vous avait son cabinet de consultations situé au quatrième étage, escalier « C » de l’hôpital. Jamais je n’avais autant redouté une consultation médicale, car cette fois je savais qu’il serait impossible de faire le fanfaron et de minimiser quoi que ce soit. C’était l’heure de vérité.



Ma première consultation à l’HEGP :

 

   Le professeur Delcaurre était un homme plutôt petit, relativement jeune avec une voix un peu haut perchée. Il nous accueillit fort aimablement, dans son bureau, une grande pièce très claire et inondée de lumière.

   Il prit connaissance de la lettre que lui avait adressé par mon intermédiaire mon ORL, le Docteur Floriandre, me questionna sur mes habitudes alimentaires, mon travail, mes antécédents médicaux, me demanda combien de cigarettes je fumais, ce que je buvais,  etc.

   Lorsqu’il eut terminé, il se leva et m’invita d’un geste de la main à le suivre.

 

Bien, je vais vous examiner, monsieur Bonnet… Venez avec moi.

 

   Il me désigna de la main le fond de son bureau où se trouvait un fauteuil de consultation ainsi qu’un appareil que j’avais déjà vu chez le Docteur Floriandre  : un endoscope.

   L’examen dura environ une quinzaine de minutes. D’où je me trouvais, une fibre optique dans la narine droite qui me chatouillait la gorge, je pouvais voir les regards inquiets et interrogateurs de ma femme et de mon fils.

   Après quelques hoquets et nausées dues à la présence de ce corps étranger dans ma gorge, le Pr Delcaurre retira délicatement la fine fibre optique, procéda à quelques palpations du cou, assez douloureuses d’ailleurs, car très appuyées, et m’invita à regagner ma place auprès de ma femme et de mon fils.

 

   La lettre du Dr Floriandre, qui m’avait ausculté deux jours auparavant, était déjà classée dans ce qui allait devenir mon dossier médical, et sur lequel figurait mon nom écrit au feutre noir. Le Pr Delcaurre  prit dans un tiroir de son bureau, une feuille sur laquelle était représentée sous la  forme d’un schéma simplifié, la bouche et la gorge, vues en coupe, et nous la présenta, après avoir noirci au crayon de papier une partie de ce dessin.

 

Bien, alors voici la bouche vue en coupe. Vous avez ici la langue, les cordes vocales, le Larynx, le pharynx….

 

   Il nous expliqua, fort clairement d’ailleurs, pour les novices que nous étions, où se trouvaient les différents organes de cette partie du cou et détaillait une par une, toutes les zones de la bouche et de la gorge en les désignant sur son papier avec la pointe de son crayon finement taillé. Pendant qu’il nous expliquait tout ceci, je ne pouvais détacher mes yeux de la partie qu’il avait noirci avec ce même crayon. Il ne fallait pas être devin, ni avoir fait de longues études pour deviner que c’était là que se situait le vrai problème… . Je savais que ma femme et mon fils ne regardaient aussi que cette partie brune, comme une vilaine tache, sur ce papier tout blanc.

 

   « Tumeur », le mot maudit était lâché, suivi d’autres encore moins réjouissants, tels que hospitalisation, biopsie, chimiothérapie, opération. Laryngectomie totale ou partielle, carcinome épidermoïde bourgeonnant, etc.

 

   Depuis trois jours je pensais à tous ces mots terribles, et j’en avais lu de très nombreuses définitions sur tous les sites web que j’avais consulté jusqu’à des heures très avancées de la nuit, mais maintenant que je les entendais, prononcés par un spécialiste, et qu’ils me concernaient directement, cela faisait une énorme différence.

 

   A cet instant précis je savais que ma vie venait vraiment de prendre un tournant décisif. Je ne pus retenir plus longtemps les larmes qui me montaient aux yeux et qui maintenant coulaient le long de mes joues.  J’étais en train de craquer nerveusement.

 

   Mon fils et ma Femme m’avaient chacun pris la main et me réconfortaient comme ils pouvaient.

   Un Cancer ! j’avais un Cancer. Ce mot tant redouté que l’on  entendait tous les jours ou presque et que l’on croit fait pour les autres ce mot aujourd’hui me concernait, moi.

   Ce mot que l’on associe généralement à la mort, en le désignant la plupart du temps sous le qualificatif de « longue et douloureuse maladie », ce mot était désormais mien et ferait toujours partie de ma vie ; ou du moins de ce qu’il me restait à vivre.

   Je ne me souviens pas d’avoir vécu, jusqu’à ce jour,  un moment plus pénible et oppressant.

 

   Ce qui suivit, n’était pas très réjouissant non plus, mais, me rassura quand même un peu : Je n’avais pas de ganglions et, d’après ce que je crus comprendre, ce type de tumeur ne générait pas de métastases.

   Le professeur  Delcaurre nous demanda si nous avions des questions et se proposa de me prendre en charge pour me soigner, avec tous les risques que cela supposait. Il fut très clair et précis dans son explication, et s’efforça, autant que faire se peut, de nous rassurer, sans toutefois occulter la gravité de mon état. Les seules paroles sensées que je me suis entendu prononcer furent :

 

Professeur, si je pouvais réfléchir 48 heures et peut être prendre un autre avis. Parce que à cet instant je suis tout à fait  incapable de raisonner normalement.

   Je présume que, à cet instant,  ma demande n’avait rien d’incongru, car il ne parut pas surpris.

 

Mais bien entendu c’est tout à fait naturel. J’envoie le compte rendu de la consultation à votre ORL le Docteur Floriandre ainsi qu’à votre, médecin traitant.

 

   Il marqua un léger temps d’arrêt tout en rangeant ses notes dans « mon » dossier, et continua :

Si vous le voulez bien ma secrétaire va vous donner un nouveau rendez-vous pour la semaine prochaine…

 

   Il se leva, nous indiqua d’un geste la porte de son secrétariat, nous signifiant ainsi qu’il en avait terminé avec moi pour aujourd’hui. Nous nous quittâmes sur ces mots, promettant de notre côté de donner signe de vie la semaine suivante.

   La secrétaire m’avait donné un nouveau rendez-vous, ainsi qu’une prolongation de mon arrêt de travail de 30 jours.

 

J’étais dans un état second. J’essayais de me persuader que ce n’était pas si grave que cela, d’ailleurs Delcaurre l’avait bien dit :

 

Ce type de tumeur se soigne très bien…. 

 

   Mais il avait rajouté aussi que cette fichue tumeur n’était pas très bien placée et qu’elle commençait à obstruer le Larynx, que « c’était un peu ennuyeux », et que de toutes les façons il faudrait attendre les résultats de la biopsie pour connaître la nature exacte de la tumeur, et puis, et puis….. plein d’autres choses que j’essayais tant bien que mal de remettre dans l’ordre un peu comme les lettres mélangées d’un mot que l’on veut reconstituer pour faire un maximum de points. Comme au Scrabble !. La grosse différence c’est que cette fois il ne s’agissait pas d’un jeu, mais de ma santé et peut être de ma vie.

 

   Ma femme m’avait pris le bras à deux mains et marchait à mes côtés, silencieuse, la tête appuyée contre mon épaule. Xavier ne cessait de me réconforter en me disant que maintenant on ne mourait plus systématiquement d’un cancer, surtout ce genre de cancer, que j’avais été pris à temps (ce que nous avait effectivement confirmé le professeur), qu’il fallait maintenant que je pense à moi et que je me soigne, etc.

J’écoutais bien sur tout ce qu’il me disait, tout en marchant mécaniquement vers la sortie pour avancer, avancer vite,  et fuir  cet endroit, et cet hôpital le plus rapidement possible.

 

 

 

 


PENDANT


La réaction « A chaud » :

 

   Que dire, que faire dans pareil cas ? Comment réagir devant une telle situation ? Fallait t’il prévenir la famille, les laisser dans l’ignorance ? J’avoue que dans les heures qui suivirent l’annonce « officielle » de mon cancer, je ne savais pas trop quoi faire. J’étais complètement perdu, incapable de raisonner de manière ordonnée et rationnelle, et de prendre quelque décision que ce soit.

   Instinctivement je pensais pourtant que cela serait une très grosse erreur que de se renfermer sur soi et de rester seul, avec ma femme et mon fils  pour surmonter, et tenter de gérer au mieux cette épreuve.

   J’avais lu quelque part sur un forum du Web,  que dans pareil cas,  le soutien de l’entourage et de la famille est primordial et aide énormément. C’est même capital. Je savais déjà que j’aurais ce  soutien familial, car nous étions, malgré nos différences, très unis.

   Le problème qui se posait à moi en cet instant était de savoir comment j’allais bien pouvoir leur annoncer, parce que moi cela m’aiderai, mais eux ? Ils avaient aussi leurs propres problèmes après tout.

 

   Le téléphone sonna. C’était ma sœur ainée, que j’avais déjà « préparé » à cette issue à l’occasion d’une conversation téléphonique quelques jours plus tôt. Elle savait que j’avais eu ce rendez-vous à Pompidou, et elle venait bien sur aux nouvelles.

 

Allo, petit frère….alors ? 

Et bien… malheureusement…c’est bien une tumeur !.

    Je n’avais rien trouvé d’autre à dire, mais en même temps il était tout à fait inutile de tourner autour du pot, et j’essayais de résumer aussi précisément que possible, et sans rien oublier,  ce qui m’avait été dit par le Professeur Delcaurre.

 

   Il y eut un long silence à l’autre bout du fil. J’imaginais sans peine ce que ma grande sœur éprouvait à cet instant….. Bien que pas mal secouée, cela s’entendait à sa voix, elle commençait déjà à me rassurer et son discours d’infirmière reprenait le dessus.

   Ce type de cancer se guérissait très bien, aujourd’hui les protocoles de chimiothérapie avaient considérablement évolué et étaient bien mieux supportés qu’avant, etc. ….

 

    Comme tous les frères et sœurs nous avons eu, au cours de notre vie, des moments délicats dans nos rapports, mais Michelle (c’était son prénom) avait toujours eu à mon égard ce côté un peu protecteur qui parfois m’agaçait un peu, mais qui le plus souvent me faisait sourire.

   Je dois pourtant reconnaître qu’elle a toujours été à mes côtés, et de façon très efficace, dans les moments difficiles de mon existence… .

   C’est déjà elle qui s’était occupé de moi lorsque à vingt ans j’avais été obligé de me faire opérer d’une hernie discale. A l’époque, c’était au début des années soixante dix, il s’agissait d’une opération délicate et risquée… .

 

   Cette fois encore, elle ne dérogea pas à la règle. Elle m’assura que je pouvais compter sur son aide et son soutien et que je pouvais l’appeler quand je voulais. Elle m’assura une nouvelle fois qu’elle serait toujours disponible si j’avais besoin d’elle.

 

   Nous sommes convenus, pour nous changer les idées, et sortir un peu de notre environnement quotidien, pour voir un peu de monde, de venir lui rendre visite (elle habitait à Evreux) le lundi suivant. Elle accepta bien sur avec joie de nous recevoir…. Et pourtant, elle aussi allait devoir assumer  quelques jours plus tard, un gros problème.

   Mais ni elle ni moi nous ne pouvions alors le supposer.

 

 

 

 


Des flots de sang, les urgences :

 

   Le Samedi suivant, soit seulement deux jours après cette consultation, nous avions invité mon fils et ma belle-fille à dîner.

   J’avais besoin de les voir et de les avoir à mes côtés, simplement pour voir ceux que j’aime et parler d’autres choses que de mes problèmes immédiats.

Je savais que Xavier vivait des moments pas très drôles, mais je savais également que je pouvais compter sur Cécile, ma belle-fille, pour dédramatiser la situation. Elle était bien placée à plus d’un titre : non seulement elle était « presque » Médecin (elle terminait son internat), mais elle avait, elle aussi, du faire face à une épreuve similaire en tant que fille, sa Maman ayant eu à combattre, avec succès malgré une récidive, un cancer du sein. Elle était maintenant guérie et menait une vie tout à fait normale.

 

   Je me souviens que ce soir là, nous avions décidé de préparer des coquilles Saint jacques à la provençale, avec une salade composée comme entrée, et des bananes flambées pour le dessert. Ils adoraient les fruits de mer, et appréciaient nos bananes flambées « maison », nous  étions donc certains de leur faire plaisir, sans avoir à passer deux heures dans la cuisine.

 

   Je ne sais comment cela est arrivé mais, pendant que j’étais en train de servir et de répartir à peu près équitablement les coquilles saint jacques dans les quatre assiettes ,  j’ai commencé à avoir des picotements très désagréables au niveau de la gorge, du côté gauche. J’avais beau toussoter, avaler ma salive, et boire de l’eau rien n’y faisait.

   Quelques minutes plus tard, je fus pris d’une grosse quinte de toux que je n’arrivais pas à maîtriser, ce qui m’obligea à quitter la table, accompagné des regards inquiets et interrogateurs de ma femme de mon fils et de ma belle-fille.

   Je suis quelqu’un qui lorsqu’il a quelque chose qui ne passe pas, vomis très facilement, et ceci depuis mon plus jeune age. Ma femme et mon fils avaient l’habitude, aussi ils ne s’inquiétèrent  pas trop de me voir me lever et me diriger rapidement vers la salle de bains….

 

   Je sentais bien que quelque chose me gênait, mais je n’arrivais pas à déterminer ce que c’était. Un hoquet plus fort que les autres laissa passer un petit caillot de sang qui m’inquiéta un peu, d’autant que j’avais soudain très mal à la gorge et que je sentais bien que quelque chose clochait… . Je n’avais jamais ressenti cette sensation. C’est vrai que c’était aussi la première fois que j’avais un cancer ! .

   Quelques secondes plus tard je me mis à vomir des flots de sang, un sang bien rouge qui éclaboussait partout autour de moi. J’en avais partout et je sentais que dans quelques secondes mes jambes seraient incapables de me porter plus longtemps. J’ai vraiment cru à cet instant que j’étais en train de me vider de mon sang et que j’allais mourir.

   Xavier, inquiet à juste titre de cette absence prolongée venait  d’ouvrir la porte de la salle de bains. Fort heureusement je n’avais pas fermé à clef, car j’aurais été bien incapable d’aller tout seul jusqu’à la porte pour l’ouvrir.

 

   Je pense que je peux imaginer la réaction d’un fils, même de 28 ans, lorsqu’il voit son père vomir des flots de sang penché sur un lavabo, et accroché à ce qu’il peut pour ne pas tomber. En tout cas il ne me  montra rien de son affolement et s’employa à me calmer comme il pouvait.

   J’étais maintenant assis par terre, le dos contre la baignoire, totalement hagard et ne sachant pas ce qui venait de m’arriver. Il y avait du sang partout dans la salle de bains !.

   Ma belle fille, réflex de médecin,  avait déjà son portable collé à l’oreille et était en train d’appeler le Samu et les pompiers.

 

   L’hémorragie stoppa aussi vite qu’elle était venue. J’essayais de me relever pour aller m’allonger dans un endroit un peu plus confortable. Je sentais que si mon fils, qui me soutenait, venait à me lâcher, mes jambes ne pourraient pas me porter. Je me suis péniblement assis sur le bord de la baignoire, tentant bêtement de rassurer tout le monde alors que je ne savais même pas ce qui m’arrivait.

C’est un des traits de mon caractère dont j’ai déjà parlé par ailleurs : Je ne peux pas supporter que l’on se fasse du souci pour moi, et je crois que même à l’article de la mort j’essaierai encore de faire croire à mon entourage que tout va bien….

   On m’allongea sur le petit canapé lit de mon bureau. J’avais retrouvé toute ma lucidité, mais j’étais quand même très inquiet. Pendant ce temps Cécile rassurait ma femme qui était blanche comme un linge, au bord de la crise de nerfs et attendait  nerveusement l’arrivée du Samu en se tordant les mains. Ses yeux étaient affolés et mouillés de larmes.

 

Super soirée ! .

 

   Les secours, pompiers et Samu, arrivèrent très rapidement, et en même temps. Toutes mes « constantes » étaient normales. Ma tension était bonne, je n’avais pas de température, mon pouls également dans la norme, et mes propos étaient cohérents. Le Médecin qui commandait l’équipe me posa une foule de questions auxquelles je répondais très clairement et distinctement. Si ce n’était la peur que je venais de me faire – et d’infliger aux autres – je me sentais à présent parfaitement bien.

J’ expliquais que l’on m’avait diagnostiqué un cancer de la gorge quelques jours auparavant, que j’avais sans doute été un peu « bousculé » à ce niveau lors de la consultation chez l’ORL, que j’avais eu deux endoscopies très rapprochées et que probablement c’était cela, la cause de ce saignement important. Afin d’être tout à fait complet, j’informais l’urgentiste qui était en train de m’examiner que j’avais eu une grosse migraine en fin d’après midi et que j’avais pris un cachet d’aspirine pour me soulager.

   Cet anti douleur est comme chacun sait un anti coagulant, et peut être pouvait il y avoir une relation de cause à effets ?. Pas du tout convaincus par toutes ces explications, le responsable pris la décision de me faire emmener aux urgences de l’hôpital le plus proche : l’HEGP ! .

 

   J’ai même cru comprendre qu’il était question de fibroscopie de l’estomac.

 

   Moi je ne voulais qu’une seule chose : c’était qu’on me laisse tranquille! . J’avais faim, et une furieuse envie de dormir

 

   Ce furent les Pompiers qui se chargèrent de m’emmener à Pompidou, tandis que l’ambulance du SAMU, qui avait reçu un nouvel appel quelques minutes auparavant repartait déjà sur les chapeaux de roues. J’ai d’ailleurs appris à cette occasion que si ce sont les Pompiers et non le Samu qui sont chargés de vous transporter alors que le Samu est aussi présent, c’est que votre cas n’est pas très grave et ne  présente pas de caractère d’urgence absolue. Cela me rassura un peu.

 

   Les Urgences où l’on m’emmenait sont à peine à deux kilomètres de mon domicile. Nous avons parcouru cette distance en quelques minutes. A cette heure avancée de la soirée (il n’était pas loin de 23h00 !), même en plein 15ème arrondissement, la circulation est heureusement fluide.

C’était la première, et j’espère la dernière fois, que je mettais les pieds dans un service d’urgence, la nuit, d’un grand hôpital Parisien, parce que ce que j’y ai vu ne m’engageait guère à y retourner.

 

   Il y avait là quelques personnes, hommes et femmes, dont une avait le visage en sang. Un peu plus loin un peu à l’écart, un clochard, sévèrement  aviné, une main entourée d’un bandage très sale et sanguinolent. Comme il refusait de toute évidence à être soigné,  il monopolisait à lui tout seul deux infirmières et un médecin qui s’extasiaient sur la beauté de son chat de gouttière dont il ne voulait pas se séparer. A ma gauche, allongée sur une rangée de sièges un homme dormait, complètement indifférent à toute cette agitation.

   Un car de police arriva avec à son bord un homme menotté, particulièrement excité, accompagné par deux policiers en uniforme. L’état de son œil gauche, d’un bleu foncé qui tirait sur le noir et complètement fermé pouvait laisser penser qu’il avait eu une fin de soirée un peu agitée. Dans un coin de cette cours des miracles, un enfant en guenilles, semblant sortir d’un roman de Zola, dormait paisiblement sur les genoux de sa mère dont le regard était bizarrement vide, ne semblant regarder nulle part.

   Dehors, deux infirmiers et un ambulancier discutaient et  riaient bruyamment tout en fumant une cigarette.

 

   Je suppose que ce service d’urgence était probablement semblable à des centaines d’autres, mais pour le profane que j’étais, tout ceci me paraissait particulièrement désorganisé.

   Heureusement que mon hémorragie avait cessé, sinon je ne sais pas dans quel état je serai ressorti !

 

   Après plus d’une heure d’attente, on s’intéressa enfin à moi.

   Le clochard lui, avait pris possession d’un brancard qui se trouvait là, s’était installé dessus, et ronflait d’un sommeil d’ivrogne. Le chat, s’acharnait sur un sac à sandwich laissé par terre, sans doute pour vérifier si il ne restait pas un morceau à manger à l’intérieur….

 

   On me fit entrer dans un petit bureau où l’on me posa à nouveau presque les mêmes questions que celles que m’avait posé l’urgentiste à la maison. Pour la deuxième fois de la soirée je racontais donc mon histoire en essayant de ne rien oublier, y compris que j’avais un dossier ici même, car c’était dans cet hôpital que j’allais bientôt passer une biopsie de la gorge. On m’informa qu’un interne allait m’ausculter une nouvelle fois dans quelques minutes.

   En attendant on me demanda de retourner en salle d’attente. C’est passablement énervé et très irrité par les ronflements de l’ivrogne tout proche que j’attendis à nouveau que l’on veuille bien s’occuper de moi..

 

   Une autre heure passa quand l’interne arriva enfin. Il s’agissait en fait d’une jeune femme qui s’exprimait avec un fort accent d’un pays de l’Est, mais qui maitrisait  parfaitement notre langue.

   Il  fallut d’abord trouver une salle d’examen libre, ce qui ne fut pas le plus aisé, car elles étaient toutes occupées et de plus deux d’entre elles étaient en travaux.

   Pour finir, c’est dans un bureau encombré de vieux ordinateurs au rebus, de deux tables posées l’une sur l’autre et dans lequel il n’y avait même pas une chaise pour s’asseoir, que je passais alors ma consultation, racontant pour la troisième fois dans la même soirée, mon histoire.

 

   J’avais un peu de mal à croire que nous étions censés être dans un des hôpitaux les plus modernes d’Europe, qui faisait la fierté de nos politiques et de nos plus grands professeurs, toutes spécialités confondues .

 

   Ce que je ne voulais pas, au grand dam de ma belle fille qui pensait que c’était indispensable, c’était que l’on me fasse cette nuit là une fibroscopie de l’estomac. Je savais qu’il s’agissait d’un examen assez désagréable, et je n’avais aucune envie de m’infliger, à moi même et à ma femme, stress supplémentaire.

   Je ne voulais qu’une seule chose : Rentrer chez moi et dormir dans mon lit, à côté de ma femme !.

 

   J’ai, enfin, réussi à obtenir mon bulletin de sortie à force de persuasion et de longs discours avec l’interne,  et j’ai pu rentrer à la maison par mes propres moyens. Je n’ai hélas pas pu éviter que cet intermède figure dans mon dossier et je savais déjà, que ces prochains jours, on me donnerait un rendez-vous pour passer cette fameuse fibroscopie ….

 

   Lorsque nous sommes arrivés à l’appartement, les coquilles saint jacques étaient toujours dans les assiettes, les bananes n’avaient jamais flambé, mais comme personne n’avait le cœur à manger, on se contenta d’une tisane pour les uns et d’un café pour moi avant d’aller gentiment nous coucher et essayer d’oublier tout ça… jusqu’à demain.

 

Il était 3h30 du matin.

 

 

   Malgré cet incident,  nous avions décidé de maintenir notre visite à Evreux chez ma sœur et mon beau frère comme cela avait été prévu. 

    Une grosse heure de route depuis Paris, pour arriver à  Evreux le lundi en début d’après midi, sous un ciel gris et triste de fin octobre… . Comme à son habitude mon beau frère Jean-Paul, bon vivant par excellence – mais non fumeur -  et pire épicurien que moi même, s’efforçait de nous rassurer ; tout comme ma sœur, qui en parfait cordon bleu, nous avait préparé un excellent repas.

   Je ne sais plus à quel moment de la journée nous en sommes venus à parler vraiment de cancer, mais une petite phrase de mon beau frère m’avait fait dresser l’oreille. J’avais d’ailleurs remarqué à cette occasion que ma sœur lui avait lancé un regard noir plein de désapprobation.

   Tout en plaisantant, Jean-Paul, avait lancé, entre la poire et le fromage, qu’il avait depuis quelques temps du mal à uriner et que par précaution il avait passé quelques examens, complétés par une IRM, dont il aurait les résultats dans quelques jours. Il avait ensuite conclu par cette phrase :

 

De toute manière, tu sais Paul, …. La peur n’évite pas le danger. Alors il est préférable de savoir ce que l’on a, et de se soigner, plutôt que de faire l’autruche et ignorer le mal. A terme c’est toujours la maladie qui aura le dessus si on ne lutte pas pour guérir. Alors si j’ai une quelque chose, autant le savoir tout de suite et on fera ce qu’il faut…. Si c’est encore possible. C’est pour cela qu’il faut y croire, car rien n’est jamais tout blanc, c’est vrai. Mais rien n’est jamais tout noir non plus!.

   Il avait dit ça de façon tout à fait naturelle et même enjouée. Ma sœur elle, avait tout à coup sa tête des mauvais jours. Je suppose qu’elle avait demandé à mon beau frère de ne pas aborder le sujet pendant notre visite. C’était raté !

 

   J’étais, comme on peut s’en douter, très secoué par ce que je venais d’apprendre, du coup nous n’avons même pas parlé de l’épisode des urgences… Il était inutile d’en rajouter une couche supplémentaire.

   J’adore mon beau frère qui est un homme plein de vie et  aussi d’humour, et toujours prompt à faire plaisir à ses proches.. C’est d’ailleurs lui-même qui m’avait fait découvrir le golf  quelques années plus tôt.

 

   Nous avons malgré tout passé une excellente journée, sans trop penser à nos problèmes à venir. La table était bonne, le vin excellent, et le Cognac divin.

   Malheureusement je n’ai pas pu terminer celui qui m’avait été servi car il me brûlait trop l’arrière gorge.

 

Quelques jours après être rentrés à Paris, ma sœur m’a appelé au téléphone pour m’apprendre que Jean-Paul venait de recevoir ses résultats, et ils n’étaient pas bons du tout. Pire, ils étaient même catastrophiques !.

   Il avait un cancer de la vessie, et il devait se faire opérer le plus vite possible si il voulait avoir quelques chances de voir grandir ses petits enfants….

   Lui, contrairement à moi, n’avait même pas à choisir entre plusieurs traitements :  seule la chirurgie pouvait le sortir d’affaire.

 

   J’allais donc devoir me passer du soutien de ma grande sœur – du moins par sa présence- elle-même se trouvant confrontée à un  problème identique à celui que devait surmonter ma propre épouse…

 

   Aujourd’hui lorsque nous sommes ensembles on parle de « nos » cancers comme d’anciens combattants parlent de leurs dernières campagnes. Nous savons l’un et l’autre que la bataille est loin d’être terminée et surtout on ne sait ni lui ni moi qui en sortira vainqueur ou vaincu... En plus de ce « point commun » que nous avons tous les deux, nous en avons un deuxième : On a décidé que notre  maladie n’aurait pas le dessus et qu’à nous deux nous allions faire grimper les statistiques des taux de guérison de façon significative !.

 

 


L’entourage, les préjugés, pourquoi cacher les choses ? :

 

   On dit que c’est toujours lorsqu’il vous arrive un coup dur que l’on compte ses vrais amis, et que l’on sait alors sur qui l’on peut vraiment  compter. Tous ceux qui sont passés par l’épreuve d’une longue maladie en général et du Cancer en particulier ont pu vérifier cette vérité.

   Est ce que l’on imagine un instant, lorsque l’on est en bonne santé, le mal qui peut être fait à ses proches quand ils doivent gérer l’annonce d’une telle nouvelle, nouvelle que, en somme, tout un chacun redoute d’entendre un jour ou l’autre de la part d’un proche : « j’ai un cancer ! » ?.

   Certainement pas !.

 

   Pour le moment, seuls ma femme, mon fils et ma sœur aînée étaient au courant.

Il fallait maintenant prévenir le reste de la famille. J’avais fait promettre à ma sœur aînée de n’en parler à personne avant que j’en sache un peu plus.

   Comment faire, et quels mots choisir ?. J’avoue que j’avais là un énorme problème, car ce n’est pas vraiment le genre de chose à laquelle on pense en se levant chaque matin… . Je savais que cette nouvelle, quand ils allaient l’apprendre,  ferait  du mal à ceux que j’aimais depuis toujours, et qui me le rendaient bien.

   Celui qui m’avait élevé avait presque quatre vingt cinq ans et était de santé fragile. Je pouvais facilement imaginer, sans trop prendre le risque de me tromper, que cette « annonce » allait beaucoup l’affecter mais il fallait qu’il soit au courant.

   Je décidais donc d’informer d’abord ma sœur cadette qui habitait Menton, non loin de lui, ils pourraient ainsi en parler tous les deux et ainsi peut être dédramatiser les choses.

 

   Ma femme, de son côté avait déjà informé ma belle mère. Bien que celle-ci ne me porta pas vraiment un amour fou (c’était d’ailleurs réciproque, et depuis de nombreuses années nous avions un très lourd contentieux…), elle accusa quand même le coup, du moins c’est ce qu’elle laissa croire…. Mais à ce moment là, très franchement, les états d’âme de ma belle-mère m’importaient peu. J’aurai simplement apprécié, pour la forme, qu’elle se souvienne de ce que nous avions fait pour elle lorsque mon beau père et elle étaient venus à Paris, et qu’ils avaient eux aussi eut à faire face à une situation similaire.

   Cela n’a pas été le cas et je le regrette profondément, car dans les mois qui ont suivi, elle n’a pas une seule fois pris son téléphone pour s’enquérir de ma santé et prendre de mes nouvelles… . Dont acte !

 

    Deux jours plus tard tous nos proches et amis avaient été prévenus. Bien entendu cette nouvelle avait été diversement accueillie, mais dans l’ensemble cela avait été beaucoup moins pénible à faire que ce que j’avais imaginé.

    De cette façon il ne serait pas nécessaire, ni pour moi ni pour ma femme,  d’avoir à cacher quoi que ce soit, et de fait, il était une chose qui paraissait très importante à mes yeux :  Je pourrai parler de ma maladie sans que mon interlocuteur ne soit surpris et fasse preuve d’une feinte condescendance à mon égard.

   J’avais intégré et assumais  le fait d’être malade, mais je ne voulais surtout pas que l’on me plaigne… ni que l’on me raconte des histoires à dormir debout au seul prétexte de me rassurer.

   Un cancer n’est pas une maladie honteuse dont il faut parler à voix basse, sans que ceux qui en souffre entendent ce que l’on dit sur eux.

   C’est une maladie grave, soit. Mais cela reste une maladie, et l’on a pas à avoir honte d’être malade quelle que soit l’affection dont on souffre.

 

   Je me souviens avoir ressenti un sentiment très bizarre les premières semaines : lorsque je sortais dans la rue, pour me promener, ou pour faire quelques courses j’avais l’impression que le mot « Cancer » était écrit en gros sur mon front et que je n’étais plus comme tout le monde…

   De ce fait, j’éprouvais vis à vis des gens que je croisais dans la rue une sorte de sentiment malsain, comme si, moi qui étais malade, je leur en voulais d’être en bonne santé, de rire, d’être heureux, insouciants, et d’avoir bonne mine !. Pourquoi moi et pas eux ?. J’étais tout simplement jaloux !.

   Fort heureusement, cette « jalousie » a très vite disparu, mais, à contrario, je ne peux toujours pas, aujourd’hui encore, m’empêcher d’observer avec une certaine tristesse tous ces jeunes gens, à peine adolescents, avec la vitalité de leur jeunesse,  qui se détruisent la santé en fumant avec délectation leur cigarette dès la sortie des cours du Collège situé à  cinquante mètres de l’endroit où j’habite. Certains allant même jusqu’à réclamer au premier fumeur rencontré, une ou deux cigarettes, faute d’argent pour pouvoir assumer librement leur vice. Pas encore seize ans et déjà accros !. si ils savaient… .

   Quelques semaines plus tôt je n’aurai certainement même pas remarqué tous ces jeunes fumeurs, peut être même que j’aurai offert une cigarette à l’un deux si j’avais été sollicité… Aujourd’hui j’avais plutôt envie de leur hurler qu’ils étaient en train de prendre le risque de foutre leur vie en l’air !. Mais à quoi bon ?. Je serai certainement passé pour un vieux bonhomme réactionnaire  et je me serai en prime attiré les quolibets de tout le voisinage.

   De plus il paraît acquis aujourd’hui, si l’on en croit les études les plus récentes, que les jeunes se mettent à fumer de plus en plus jeunes, et de plus en plus… .

 

   Il y a presque trente ans aujourd’hui, ma femme m’avait initié au sport à la mode qu’était alors le tennis.

J’avais atteint, grâce à ses conseils, et à ses talents d’ancienne championne junior, un niveau honorable pour un amateur venu à ce sport sur le tard. Nous avons donc joué au tennis pendant des années avec plus ou moins de régularité. J’avais ensuite abandonné la terre battue lorsque mon fils avait commencé à nous battre, sa mère et moi, régulièrement par des scores sans appel, c’est à dire 6/0, 6/0, 6/0….. Pour être tout à fait franc, et remettre les choses à leur véritable place, c’est aussi et surtout à cause de problèmes récurrents de dos que j’avais décidé de remiser au placard ma belle  raquette, mon short blanc, et mes balles jaunes.

   Après deux années de pause, et de nombreux week-end passés à ne pratiquer aucun sport, sauf à ne le regarder qu’à la télévision, j’avais découvert par hasard, et grâce à mon beau frère, ce que je croyais être un sport de nantis, de vieux messieurs ne portant que casquettes et pantalons à carreaux hors de prix : Le Golf !

 

   Très rapidement, et contre toute attente, je me suis aperçu que je m’étais trompé sur toute la ligne, et je me suis fait dans ce milieu, que l’on décrit à tort comme snob, et friqué,  mais qui ne l’est finalement pas du tout, de nombreux amis et quelques relations durables.

   J’avais commencé à jouer depuis plus d’un an, et comme je connaissais pas mal de monde, et que tous étaient très sympas à mon égard, il me semblait tout naturel de les informer eux aussi de ce qui m’arrivait.

 

   Ce fut très facile, car comme je l’ai déjà écrit, j’administre un forum de Golf sur le web, et c’est à cet endroit que la plus grande partie de celles et ceux que j’avais croisé se connectaient quotidiennement pour échanger des avis sur le matériel, tel ou tel parcours, technique de Swing, et tout ce qui touchait de près ou de loin à ce sport.

 

   L’annonce était simple, courte mais ne laissait aucun doute sur la nature du mal dont j’étais atteint.  Le texte, dont je n’ai pas conservé l’original, était à peu près celui ci :

 

« Bonjour tout le monde !…

 Depuis quelques temps je ne me sentais  pas très bien….. Suite à plusieurs consultations chez des spécialistes ORL, il se trouve que j’ai une vilaine tumeur à la  gorge laquelle ne pourra se soigner que par  des traitements lourds ou par la chirurgie….  Je vais donc devoir rester quelques mois éloigné des fairways pour laisser les médecins s’occuper un peu de moi. Continuez à bien jouer et à prendre du plaisir  A bientôt. Paul »

 

   Jamais je n’aurai osé penser, que durant des mois, et même encore aujourd’hui, je serai soutenu et accompagné dans ma lutte contre la maladie par autant de gens dont certains n’étaient alors pour moi que de simples partenaires de partie, sans plus. Beaucoup sont depuis devenus de vrais amis.

Je reviendrai plus tard sur cet aspect des choses qui est le soutien, nécessaire, voire indispensable à toute guérison, car il permet au malade de conserver un moral fort, et de positiver, de rester ouvert, au lieu de se replier sur lui même en s’apitoyant sur son sort.

   Il m’est apparu évident que je ne pouvais me sortir tout seul d’un tel guêpier, et que plus je serai entouré, plus je resterai fort moralement.

   S’enfermer et s’isoler sont les deux erreurs à ne surtout pas commettre dans un tel cas.

 

   J’essayais de mettre toutes les chances de mon côté. J’avais déjà commencé à me battre contre la maladie avant même d’en connaître la véritable nature et le début du traitement qui allait inéluctablement suivre.

(A suivre.....)

 

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